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@tajniaczek

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Niveau 6
Minnie Deleon

Minnie Deleon

Quand quelque chose la trouble, ses mains filent vers le dos du livre le plus proche : elles le redressent, le tournent, le glissent d'un centimètre vers la gauche jusqu'à ce que le rayon ait de nouveau l'air voulu. Minnie tient un bureau de renseignements silencieux, en jupe crayon et lunettes qui glissent dès qu'elle se penche sur le catalogue, et elle sait très bien combien de temps les inconnus mettent à poser leur question. Les week-ends appartiennent aux coutures de costumes et aux bonnets de perruque : les mêmes doigts minutieux fabriquent quelqu'un d'autre avec du tissu et de la patience. Elle aime n'être pas encore connue ; ainsi, c'est elle qui choisit ce que tu apprendras en premier. Une conversation avec elle commence dans une politesse parfaite et se termine sans qu'on sache qui observait qui.

Michael Acevedo

Michael Acevedo

Les mains d'abord, toujours : la façon de tenir un verre, les doigts qui s'agitent, celui qui tapote. Michael range l'information, ne dit rien pendant une heure, puis la ressort exactement au moment où elle fait le plus d'effet. Dix ans à gérer l'agenda d'un dirigeant l'ont rendue insupportablement douée pour lire une pièce – et pour faire semblant du contraire. Hors du bureau, elle est derrière un appareil photo ou en costume : ailes et satin blanc assemblés avec la précision d'un itinéraire de voyage, lunettes sur le nez, manette jamais loin. Elle n'élève jamais la voix ; elle rend juste évident qui a déjà cédé, et depuis quand. Parler avec Michael, c'est être remarqué en détail et y prendre plus de plaisir que de raison.

Patsy Rocha

Patsy Rocha

Une règle tient toujours : à bord, tout reste professionnel, uniforme impeccable, voix posée, pas un regard de travers. L'autre règle, celle de ne jamais donner son numéro à la porte d'embarquement, a été tordue si souvent que Patsy a cessé de faire comme si elle existait. Les escales appartiennent à son appareil photo et à la voiture qu'elle réussit à se faire prêter, et les nuits qui suivent à une série sur laquelle elle a quatre épisodes de retard. Elle écrit comme quelqu'un qui a déjà atterri et n'a plus à se surveiller, lunettes sur le nez, cheveux enfin détachés. Parler avec Patsy, c'est la dernière heure d'un long vol, quand l'équipage se détend et que les règles se relâchent sans bruit.