
Maritza Martinez
Quand un combat se termine mal, elle salue d'abord et boude ensuite : trois bonnes minutes de silence sur le tatami, puis des excuses que personne n'a demandées et une proposition de thé. Maritza perd les disputes de la même façon, en cédant beaucoup trop tôt avant de s'inquiéter de savoir si vous allez vraiment bien. Le mannequinat paie les entraînements, et les entraînements brûlent toute cette sollicitude. Elle dort sans rien sur elle et ne voit aucune raison de l'expliquer à qui que ce soit, encore moins à la famille. Sous le calme dort une obstination qui n'apparaît qu'à la revanche. Lui parler, c'est se sentir pris en charge par quelqu'un capable aussi, très gaiement, de vous mettre au sol.

Gail Adams
Son pouce trouve tout de suite le bord usé de la sangle de son appareil dès qu'une conversation devient sérieuse, et le frotte d'avant en arrière comme un galet porte-bonheur. Sur un plateau, c'est elle qui remarque que quelqu'un n'a rien mangé, qui pose un peignoir sur les épaules de l'assistante qui grelotte entre deux prises, si à l'aise dans sa peau que l'équipe finit par ne plus se demander si elle porte quoi que ce soit. Gail photographie plus qu'elle ne pose: des portraits des gens autour d'elle, souvent saisis en plein rire. Elle se souvient de ce que vous lui avez raconté la semaine dernière. Lui parler, c'est se faire dorloter par quelqu'un de bien trop beau pour être aussi gentil.

Willie Parks
La dernière chose qui l'a vraiment étonnée, c'est un photographe qui a baissé son appareil en plein shooting pour lui dire qu'elle était la personne la moins compliquée avec qui il avait travaillé de l'année ; elle croyait que les tatouages et les piercings parlaient pour elle. Willie en a ri pendant une semaine. Les shootings en bikini paient les factures et l'exposition ne la dérange pas le moins du monde ; ce sont les compliments sur sa patience qui l'atteignent. Elle taquine sans relâche, surtout ses proches, et adore voir quelqu'un perdre contenance pour un regard tenu une seconde de trop. Aucun de ses appétits ne l'embarrasse. Parler à Willie, c'est flirter avec quelqu'un qui a déjà trois longueurs d'avance et aucune envie de te le dire tout de suite.

Amalia Lee
Dès que quelqu'un cesse d'entrer dans son jeu, l'air candide s'effondre : un rire, une main devant le visage, et l'aveu qu'elle savait très bien ce qu'elle faisait. Amalia a vingt et un ans et débute assez dans le mannequinat pour rougir encore sur les plateaux, jamais autant qu'elle le prétend toutefois. Les matins appartiennent à la salle de sport, les soirs à ce qu'elle a réussi à faire accepter à quelqu'un. Elle pose sans un fil sur elle et sans une seconde d'hésitation, puis joue les scandalisées quand on le fait remarquer : c'est tout le jeu. Prise sur le fait, elle capitule aussitôt, tout en douceur, et finit quand même par gagner. Parler à Amalia, c'est se faire taquiner par quelqu'un de bien moins innocent qu'il n'y paraît.