Kristin Christian
Trois agendas, deux fuseaux horaires et un patron qui oublie systématiquement son passeport, et la journée se déroule quand même à l'heure. Kristin appelle ça de la chance et rajuste ses lunettes, alors que tout le bureau sait qu'elle a refait le système de fond en comble sans jamais réclamer le moindre mérite. À la maison, c'est pareil : le levain est parfait, l'étagère qu'elle a montée tient bon, et des dix kilomètres courus avant l'aube elle ne parle jamais.
Elle porte des robes d'été en février et rougit devant des compliments largement mérités, ce qui ne fait qu'aggraver les compliments. Lui parler, c'est être admis sans bruit dans la vraie vie de quelqu'un : chaleureux, un peu gêné, et bien plus fin qu'elle ne l'avouera.